Bund gegen Anpassung
L`Union contre le Conformisme

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L’impôt d’Eglise pour des chômeurs sans confession:
Compte-rendu du procès et analyse


20.11.2002, 13 heures: Au bout de presque neuf mois durant lesquels l’agence pour l’emploi et les tribunaux ont éconduit à l’aide de formules tour à tour lapidaires et prétentieuses le Dr Phil. Peter Nittmann, au chômage après avoir occupé un poste de lecteur pendant 17 ans, car, étant sans confession, il refuse de payer un impôt d’Eglise sur sa maigre allocation de chômage, le Tribunal a l’air très pressé depuis qu’il a appris l’intérêt international porté à ses activités de routine habituées à l’opacité d’innombrables cas parallèles et à l’impuissance des faibles victimes. Maintenant que des écrits de protestation provenant du monde entier ont tiré l'habituelle couverture des murmures, le rendez-vous si longtemps mis au placard a été fixé à la va-vite et ce beaucoup plus rapidement que pour chacun des cas parallèles fléchis par le silence et l’attente. Avocat et plaignant se trouvent devant la salle 233 du Tribunal du contentieux social de Fribourg, dont la sordidité et la situation à l’écart méritent d’être vues. C’est donc ici que se prennent les lourdes décisions touchant les plus pauvres des pauvres, c’est ici qu’ils peuvent se défendre contre les injustices étatiques ou autres des puissants – ou ne le peuvent pas.
    Cependant, le Dr Nittmann, volé, et son avocat Gottfried Niemietz – qui en dix ans d’opiniâtreté a gagné l’affaire des crucifix bavarois – ne sont pas tout seuls là-bas. Des compagnons d’infortune sont arrivés de toutes parts de l’Etat de l’Eglise de la R.F.A., attirés par les informations diffusées par nos soins avec beaucoup de sacrifices et de dépenses pour percer le barrage des informations, et veulent observer le procès. Une femme inconnue d’âge moyen serre le courageux plaignant dans ses bras et lui transmet une rose. Le tribunal laisse attendre tout le monde – il ne se passe rien, c’est de cette manière que l’on montre tout d’abord sa domination. Enfin, la petite salle s’ouvre, des chaises doivent être amenées, et un juge honoraire marmonne: »Tant que ça! Il va y avoir du travail.« – C’est bizarre que le public soit synonyme de travail! De fait, le public n’a le droit de rien dire. Il faudra donc qu’on se contienne davantage.
    La juge – en ligne jusqu’à la moelle, du genre femme au foyer ennemie de la logique avec le pouvoir dans le dos, ne se faisant donc pas remarquer pour l’appareil qu’elle représente – commence tout d’abord par se plaindre que le plaignant ait »mal informé le public«. Certes, ceci est faux, cependant ces cachottiers de bureaucrates kafkaïens doivent malheureusement accepter le public qui les irrite tant – duquel la loi fondamentale et les représentants de son autorité sont du reste si fiers. Et Madame le juge ne tait pas non plus ce qui lui sort le plus par les trous de nez: les nombreuses lettres de protestation, provenant de l’étranger par-dessus le marché! Alors ça, elle ne l’apprécie guère…on peut s’entretenir avec elle, mais pas comme cela!

NOTRE TACTIQUE A DONC MERVEILLEUSEMENT FONCTIONNE:
LE CHIEN TOUCHE ABOIE.
SI TES ENNEMIS TE LOUENT, TU N’AS ETE QU’UN IMBECILE,
MAIS S’ILS S’AGITENT ET DEVIENNENT FOUS, TU SAIS QUE TU AS ETE AGILE.

Ainsi donc, on ne peut se débarrasser de l’affaire par une procédure courte et obscure. Assurément, notre représentante de l’Etat ne veut rien avoir affaire avec la Constitution: les lois doivent suffire à sa tâche.

Sur ce point, le peuple doit être informé: de cette façon, il obtient le reçu pour son refus collectif de retenir la différence entre loi et constitution. Une loi contraire à la Constitution est nulle – elle n’est tout simplement pas valable, point. (En effet, l’unique sens de la Constitution est de déterminer quelles lois peuvent être valables et quelles non – cf. le premier article de celle-ci et plus particulièrement le troisième et dernier paragraphe dudit article. Un juge qui doute de la conformité d’une loi à la Constitution [ou duquel l’attention sur ce point a été attirée pour des raisons valables] doit transmettre le cas à la Cour constitutionnelle fédérale – c’est ce qu’on appelle »action en contrôle de la constitutionnalité des lois« – et ne doit en aucune manière continuer à exercer sur la base de cette loi, d’après la consigne dont l’obéissance ne peut mener à une fêlure de carrière que dans un état cynique de l’injustice.)

Malgré tout, la Constitution apparut à nouveau dans l’argumentation perverse de Madame le juge; son raisonnement ressemblait en substance à cela:
    »Si nous, c’est-à-dire l’Etat, disions la vérité lorsque nous soutirons l’impôt d’Eglise aux chômeurs sans distinction de leur appartenance à une confession, cela serait effectivement contraire à la Constitution. Etant donné cependant que nous mentons, la Constitution reste intacte. En effet, nous n’acheminons absolument pas l’argent à l’Eglise, ni quand nous le collectons de ses membres, ni lorsque nous le prenons de qui que ce soit d’autre, mais nous le gardons tout simplement pour nous et nous en servons pour payer par exemple des traitements de juges ou des postes d’écoute, des députés ou des soldats, et si l’envie nous en prend, nous aimons bien aussi le balancer à la pelle sur l’Eglise. Or, nous n’y sommes pas obligés, car nous avons menti – ce n’est donc pas un impôt d’Eglise, nous ne le nommons que trompeusement ainsi, c’est pour cela un impôt d’Eglise fictif, que nous ne percevons bien sûr pas fictivement, mais le plus réellement possible. Voilà pourquoi nous avons le droit de le soutirer aussi de personnes sans confession, au même titre que nous pourrions imposer une taxe sur les chiens à des personnes qui n’ont pas de chiens – nous l’appellerions alors taxe fictive sur les chiens. Car, mon Dieu! Cela nous demande une si terrible somme de travail d’arriver à savoir qui adhère à une religion privilégiée ou qui possède un chien que nous taxons tout simplement tout le monde – nous pouvons toujours avoir besoin d’argent, il n’y a du reste pas à s’en plaindre, car nous sommes tous l’Etat, simplement tous, il n’existe d’ailleurs pas [ces foutaises bêtement apologétiques vinrent assez littéralement]. Tout est donc en ordre; car, d’après la décision de la Cour constitutionnelle fédérale du 23.3.1994, aussi longtemps qu’une nette majorité des travailleurs paye l’impôt d’Eglise, on peut, car il est normal, aussi le coller à tous les chômeurs. Il en serait de même avec la taxe sur les chiens, mais nous n’en avons pas encore envie, car après tout nous ne voulons pas que les gens élèvent des chiens mais qu’ils soient membres d’Eglise – ils ne doivent donc retirer aucun avantage du contraire.«
    Madame le juge n’a bien sûr pas prononcé la dernière phrase, avec laquelle elle aurait vidé son sac – néanmoins, le reste résume le contenu de son exposé de façon pertinente et impartiale. A cela s’ajoutait encore un autre fait: la Cour constitutionnelle fédérale voulant sauver l’impôt d’Eglise sur les chômeurs sans confession, il ait voilà quelque temps décidé de façon entièrement arbitraire et anticonstitutionnelle que cet impôt pourrait tout à fait être exigé des chômeurs sans confession aussi longtemps qu’une nette majorité des salariés seraient membres de l’Eglise, un état de fait qu’elle considérait assuré in saecula saeculorum; maintenant que cette situation n’est plus d’actualité – les 57% de facto tenus secrets jusqu’à notre intervention ne constituent premièrement pas une »nette majorité« et ont deuxièmement entre-temps encore beaucoup baissé – il n’y a pas que notre juge, mais aussi un sac plein de personnes de haut rang appartenant à la Cour fédérale du contentieux social qui ont déformé au passage ce jugement de la Cour constitutionnelle fédérale dans le sens qu’un impôt d’Eglise, peu importe qu’on le qualifie de »fictif« ou non, ne sera plus exigible de chômeurs sans confession une fois que les salariés sans confession représentent une nette majorité.
    Maître Niemietz tint au moins quatre fois ce détournement sous le nez de Madame le juge; au moins quatre fois, elle fit mine de n’avoir rien entendu. Elle dit enfin niaisement: »Cela, je n’y crois pas, lisez-le donc à haute voix!« Il est bien sûr peu probable d'avoir tout de suite sous la main un jugement de la Cour constitutionnelle fédérale; maître Niemietz l’avait quand même, et put donc lire que la Cour constitutionnelle fédérale exigeait une nette majorité de membres d’Eglise pour l’exigibilité d’un recouvrement correspondant de l’impôt d’Eglise, et non pas pour la non-exigibilité une majorité de personnes sans confession comme le Cour fédérale du conten-tieux social. Réaction prétentieusement cynique de Madame le juge: »Cela n’est pas écrit chez moi!« Nous ne connaissons ce niveau de logique que de procès d’Inquisition, où des moines enquêteurs niaient l’existence de passages mal vus de la Bible, de vraies parallèles ne nous sont pas même parvenues du 3e Reich.
    Ensuite, le plaignant Dr. Nittmann – son téléphone avait été bloqué la veille du procès (et seulement là!) d’une façon de faire qui tenait de la Gestapo, ce qui à côté de la terreur psychologique signifiait une restriction considérable des moyens de communication (avocat!) – exposait clairement l’absurdité de l’»argumentation« judiciaire: l’impôt d’Eglise payé par lui n’est aucunement »fictif«, car on le lui arrache d’une manière bien réelle, et non pas en billets factices; avant tout, on le justifie par l’appartenance d’autres – travailleurs et en second plan chômeurs aussi – à l’Eglise, ce qui d’après l’article de la Constitution ne doit bien sûr pas occasionner de désavantages à une personne sans confession. Pourquoi un non-fumeur devrait-il se voir retirer du salaire une taxe sur le tabac uniquement parce que d’autres fument, un non-propriétaire de chien être financièrement désavantagé par l’Etat, juste parce que d’autres personnes, qui ne le concernent pas et sur lesquelles il n’a aucune influence, s’accordent le luxe d’élever un chien?! D’après l’article de la Constitution stipulant très clairement qu’il ne doit résulter un désavantage à personne du fait de sa religion ou de sa conception du monde, l’existence de religieux ne doit pas être une raison de léser des personnes qui se sont libérées de la religion. Si des religieux ou d’autres membres d’associations collectent des cotisations entre eux – ou les laisser collecter par l’Etat par le biais d’un cadeau d’Hitler à son premier soutien international Pie XI – qu’ils le fassent, ils peuvent alors s’en servir pour leur propre usage; mais, il est aussi contraire à la Constitution qu’inconvenant, en indiquant les coûts élevés de leurs loisirs personnels, de retirer les mêmes sommes à des personnes non-impliquées pour en faire un usage quelconque ou même les raillant. En effet, la perception de l’impôt d’Eglise de personnes qui rejettent cette organisation et qui trouvent son existence la plus indésirable possible représente la même indécence que l’imposition des juifs destinée à la construction d’églises, de cloîtres et de prisons d’Inquisition.
    Bien sûr, dans un état d’injustice qui est en plus un Etat de l’Eglise, même l’argumentation la plus impérieuse, l’argumentation en elle-même n’a aucune chance, car les jugements sont déjà fixés longtemps avant que le premier mot de l’audience ne soit prononcé. Ceci échappa même à notre Madame le juge, lorsqu’elle ébruitait que, peu de temps avant le procès, tous les juges du Tribunal du contentieux social de la R.F.A. chargés du sujet, pour ainsi dire »concernés«, s’étaient rencontrés en vue d’une »jurisprudence« homogène (en effet, il y avait eu, pas seulement à Chemnitz, quelques jugements compatibles avec l'Etat de droit et fidèles à la Constitution); officiellement et dans un allemand orwellien cela s’appelle »berufliche Fortbildung« (formation professionnelle continue), chose qui existait déjà dans le 3e Reich. Et, il y a déjà des années, dans le grand Etat de l’Eglise d’Allemagne occidentale, on se servait de ce titre pour apprendre à la justice d’une façon systématique et généralisée que dans le cas de communautés religieuses discriminées il fallait toujours ignorer le droit fondamental de la liberté de religion. Notre Madame le juge n’aurait à aucun prix pu laisser s’échapper le ton initial offusqué avec lequel elle a prononcé les mots »indépendance d’un tribunal allemand!!« dans un poulailler, car cela aurait pu engendrer la mort massive des poules pour cause de crampes incontrôlables dues au rire.
    Ainsi donc, le jugement – l’argent reste volé et peut continuer à être appelé impôt d’Eglise – arriva comme prévu. Notre intervention était-elle donc dénuée de sens et digne d’un Don Quichotte, un fatalisme engloutissant tout a priori aurait-il alors été sage?
    Il existe un contre-argument. Bien sûr, la presse vint tout de suite au secours de Etat de l’Eglise de la R.F.A., car le recouvrement de l’impôt d’Eglise de chômeurs sans confession, peu importe qu’il serve à tuer des Serbes, à rétribuer des juges ou encore à subventionner des écoles confessionnelles et des manifestations publiques des Eglises ou directement à payer des curetons, n’a malgré son chiffre en milliards au fil des ans pas le sens premier de pistonner les Eglises avec encore plus d’argent – elles croulent depuis longtemps sous l’argent et se cherchent par ailleurs tout ce qu’elles veulent de l’Etat collaborateur. Les Eglises pourraient, sans avoir recours à un seul membre, payer l’ensemble de leur clergé, y compris les secrétaires et sacristains moins chers, des rendements de ses biens énormes car acquis illégalement, à plein prix de luxe habitué –, mais personne si possible ne doit retirer un avantage pratique de cette force de caractère qui lui a permis de se libérer de la terreur psychologique qu’elles exercent directement ou par le biais de dépendances affectives. Aussi longtemps que cette terreur généralisée fonctionnait, l’Eglise trouvait plaisant le cadeau d’Hitler de l’impôt d’Eglise; en effet, mis à part l’argent, la plus grande entreprise économique du monde prête surtout attention aux pourcentages d’affiliations parmi la population totale – seules celles-là permettent d’efficaces terreurs psychologiques et lavages de cerveau, du style ça n’est pas à toi … etc. Cependant, avec l’apparition d’échappatoires et de lieux d’asile depuis quelque temps, la chose fonctionne nettement moins bien (d’abord le mouvement des étudiants, puis la R.D.A.).
    C’est pour cette raison que l’Eglise n’a pas du tout apprécié que 43% du total des salariés lui sont échappés, car son »argument« psychologiquement déterminant, l’argument dévastateur du pourcentage géant était en danger, voilà pourquoi la presse s’est fermement tue. Le peuple n’apprit rien, pas le moindre petit mot des 43%, de l’indécence du vol de l’impôt à des chômeurs sans confession ni des centaines de procès de personnes concernées.

JUSQU'A CE QUE NOUS ARRIVIONS.

Ce n’est qu’après qu’à la suite du hasard d’une trouvaille notre attention fut attirée sur ces faits dissimulés que nous nous sommes rendu compte de l’immensité de l’injustice que nous avions rencontrée. Seuls les lecteurs des KB [Ketzerbriefe – Lettres hérétiques] (n°108+109) le savent, il a été extrêmement difficile de dépister ne seraient-ce que les jugements des tribunaux supérieurs pratiquement tenus secrets dans lesquels – en tant qu’unique source! – apparaît à une reprise le chiffre suspect de 43 resp. de 57 (% des salariés). Lorsque, faisant beaucoup de sacrifices, nous avons interpellé la population par le moyen de grandes masses de tracts distribués dans l’ensemble du territoire fédéral et traitant des faits restés dissimulés durant des décennies, VINRENT TOUT A COUP LES PREMIERS RAPPORTS LA-DESSUS DANS LA PRESSE – pas à Fribourg évidemment, c’est là-bas que nous sommes le mieux connus – et ce en couverture. De fait, les dirigeants attachent à juste titre beaucoup plus d’importance à la confiance que porte le peuple à la presse qu’à la foi de celui-ci en un dieu quelconque, peu importe lequel.
    Au cours du Moyen Age, l’Eglise était le plus important instrument de domination – elle devait son pouvoir à sa participation à l’émergence et au maintien du féodalisme en Europe; aujourd’hui, le plus important instrument de domination sont la presse et la télévision. Si au Moyen Age la foi religieuse courait un danger, l’injustice de l’époque était en péril; si de nos jours la croyance en la presse et la télévision courait un danger, c’est l’injustice du présent qui serait en péril. Néanmoins cela ne signifie pas que l’Eglise avait perdu toute son importance et était devenue inutile pour les dirigeants; en premier lieu, elle est aussi indispensable qu’avant au conditionnement de base des enfants et futurs sujets ainsi qu’au ramollissement généralisé des cerveaux, en deuxième lieu elle constitue, pour les temps à venir qui verront dépérir les droits de l’homme et les libertés du citoyen continuant d’agir depuis la Révolution française, une lourde réserve idéologique, qui peut éclater de nouveau à tout moment comme un cancer réprimé par la chimiothérapie – qui par ex. aurait pu prévoir avant Khomeyni le retour brutal d’un véritable état islamique?! Quel européen aurait pu prévoir voilà 30 ans le scandale séculaire de la persécution des sectes, et ce sur un continent qui donna naissance 250 ans auparavant à l’idée de tolérance religieuse? Pour ces vacheries utiles à quelques profiteurs de l’injustice et pour beaucoup d’autres choses semblables, l’Eglise doit être gardée en réserve, choyée, nourrie et engraissée.
    Pour cela c’était un grand succès que uniquement à cause de notre activité la presse devait briser le silence concernant les nombreux salariés sans confessions, 43% en effet, et les procès contre le vol d’impôt indécent et anticonstitutionnel étouffés sous le black-out des informations. Autrement, l’inévitable »grand mal« des bénéficiaires aurait été que l’humain ordinaire commence à s’intéresser à nous, c’est-à-dire une opposition de gauche incorruptible, opiniâtre et incontrôlée, en tant que source d’informations, au lieu d’aspirer, les yeux fermés, les informations de la presse et de la téloche (ou de porter son attention sur le réseau Internet si facilement censurable à la place des tracts beaucoup plus difficilement contrôlables!)
    Ceci s’est passé avant le procès, expliquant pourquoi la presse locale (»Badische Zeitung« = BZ), habituellement murée dans son silence, fit un rapport de trois colonnes sur notre procès, contrairement aux »centaines de cas précédents« portés à sa connaissance. Bien évidemment, il lui importait en premier lieu de sortir l’Eglise de l’ornière, donc de détourner l’attention sur l’Etat, moins facilement saisissable, et finalement de renforcer la résignation et le fatalisme. Voici son article à trois colonnes:


Une question de calcul

A Fribourg, un chômeur porte plainte contre l’impôt d’Eglise sur l’allocation de chômage.

L’affluence de visiteurs hier au Tribunal du contentieux social était tel qu’il a fallu amener des chaises supplémentaires dans la salle. Pourtant, des centaines de procédures de la sorte avaient déjà eu lieu. Un chômeur a porté plainte contre l’agence pour l’emploi car, étant sans confession, il refuse que le taux de prélèvement de l’impôt d’Eglise soit calculé lors de l’évaluation de son allocation de chômage. Pour lui, celui-ci représente tout de même 96 euros par mois.
En fait, la loi n’est pas complexe: L’allocation de chômage doit représenter 60% du salaire net, 67% pour des chômeurs ayant des enfants à charge. Lors du calcul de ce salaire net, on part du principe que les employés sont membres d’églises et que par conséquent l’impôt d’Eglise est retiré du salaire brut. En vérité, les Eglises ne touchent pas un cent de cette somme.
Pourtant, afin d’appuyer la plainte, on a sorti la grosse artillerie: la disposition réglementaire serait contraire à la liberté de religion garantie par la Constitution, au principe d’égalité de traitement et au devoir de neutralité de l’Etat. Dans l’Internet et par la distribution de tracts, une »Union contre conformisme« a appelé la population à adresser des lettres de protestation au Tribunal du contentieux social de Fribourg. Ce dernier s’est élevé contre ces lettres au début de l’audience. L’avocat, maître Gottfried Niemietz, a clarifié ce contre quoi la plainte s’est dirigée: la procédure dans son ensemble serait impensable sans le prélèvement joint de l’impôt d’Eglise et de l’impôt sur le revenu. L’impôt d’Eglise allemand ne serait pas conforme à la séparation de l’Etat et de l’Eglise. Pour sa part, Madame le juge président renvoya au fait que cette question devrait être éclaircie par les tribunaux administratifs.
Suivant le déroulement de l’audience, le verdict tomba d’une manière peu surprenante: la plainte fut rejetée – comme toutes les autres procédures correspondantes, mis à part un cas à Chemnitz. Le plaignant, Peter Nittmann, avait par ailleurs déjà annoncé au préalable qu’il ferait parvenir sa plainte devant la Cour de Justice des Communautés Européennes si besoin était. Cela ne sera peut-être pas nécessaire. D’après une décision de la Cour constitutionnelle fédérale, les législateurs devront changer le contenu des paragraphes en question si les membres d’Eglise ne représentent plus la »nette majorité des employés«. Au printemps aura lieu une nouvelle estimation du nombre de membres, dont la part s’élevait à 57% lors de la dernière estimation remontant à trois ans.
Si l’on abolit le taux de prélèvement de l’impôt d’Eglise, il sera annulé pour tout le monde, y compris pour les membres d’Eglise. Afin de financer cela, l’allocation de chômage calculée par rapport au salaire net sera certainement réduite, néanmoins cela ne changera rien au montant de la première. Grâce à cela serait tout de même abrogée une réglementation taxée hier pour le moins de fâcheuse par toutes les personnes impliquées dans le procès.
Badische Zeitung, Jeudi 21.11.2002

Difficile de reconnaître le déroulement du procès! (Un silence bienveillant entoure également le bavardage de Madame le juge concernant la rencontre générale de »formation professionnelle continue« de tous les juges des Tribunaux du contentieux social concernés à ce titre en vue de la mise au pas des jugements, ainsi que ses expressions stupides sur l’Etat, que premièrement nous sommes tous et qui deuxièmement n’existe pas.) Seule la réduction des faits nés du cadeau hitlérien de l’impôt d’Eglise à la déclaration suivante est déterminante: l’Etat prend toujours ce qui ne lui revient pas et, s’il ne peut plus le faire sous un certain terme trompeur, il commet donc un nouvel acte arbitraire – »une question de calcul« en effet, pas de cohérence.
    Evidemment, beaucoup de suggestions trompeuses apparaissent: »une« Union contre conformisme, en fait, il n’y en a pas autant; de plus, la semaine auparavant où elle fit répandre à notre encontre de graves paroles dégradantes à cause de notre transformation anti-colonialiste d’une manifestation »contre« la guerre planifié par les instigateurs dans un sens pro-impérialiste, la même Badische Zeitung supposait la pleine connaissance publique de l’Union contre conformisme, à Fribourg à juste titre; cela n’est pas de la schizophrénie, mais de la méthode. En outre, ce n’était pas seulement le Tribunal du contentieux social de Chemnitz qui a accepté une plainte analogue et qui l’a tranchée de façon conforme à la loi – voilà probablement pourquoi la rencontre de »formation professionnelle continue« de mise au pas était devenue nécessaire. Pourtant, la véritable obscénité journalistique réside dans un pronom sans sujet – que ce soit dans le cadre de disputes de couples, d’engueulades liées à une différence de conception du monde, d’une menace de licenciement ou de la philosophie la plus abstraite, les pronoms sans sujet sont toujours synonymes d’obscénité, annoncent toujours l’obscénité, servent toujours l’obscénité.
    Cette fois-ci, le pronom sans sujet est le »cela« de la deuxième phrase du dernier paragraphe: QUI doit »financer« QUOI?!? Au cas où cela devrait servir à évoquer le danger de faillite subi par le pauvre Etat allemand s’il se voit retirer le droit de tirer quelques sous supplémentaires des poches trouées des plus pauvres en usant de mensonge et de détournement d’usage, voilà un très bon conseil que nous donnons au Chancelier effrayé par la faillite:

SCHRÖDER, VA PRENDRE TON ARGENT AUX EGLISES, PAS AUX CHOMEURS!
NE RENONCE PAS A LEUR IMPOT FONCIER ET A LEURS DROITS DE MUTATION, DESQUELS TU ES D’HABITUDE SI AVIDE!

S’il ne coûte qu’un trait de plume de diminuer encore plus l’allocation de chômage, cela ne coûte également qu’un trait de plume d’abroger la scandaleuse libération privilégiée de l’Eglise de l’impôt foncier, des droits de mutation et de l’impôt foncier sur la vente par rapport à toutes les autres associations à but non lucratif. L’Eglise n’est pas seulement le plus grand propriétaire foncier de la R.F.A., même après soustraction de tous les bâtiments de culte, mais aussi le plus grand spéculateur immobilier. Un petit-bourgeois, qui spécule avec le fruit de son travail peut-être très fatigant afin d’assurer ses vieux jours de façon »autonome«, se fait plumer sans pitié; l’Eglise, grasse et sentant l’argent à plein nez, s’en tire bien avec rien à payer. Si elle ne devait que payer tout normalement les droits de mutation, il rentrerait peut-être plus d’argent pour »financer cela« (?!?) que ce que rapportent les pillages supplémentaires des chômeurs préconisés par la propagande de la BZ.
    C’est pourquoi la revendication de toutes les personnes honnêtes qui se respectent doit être la suivante:

SCHRÖDER, CHERCHE TON ARGENT DE L’EGLISE,
NE BALANCE PAS LE NÔTRE A LA TETE DES CURETONS!

Sinon vaut de façon inchangée:

A BAS LE CONCORDAT DE HITLER!
PAS DE SUBVENTIONS D’ETAT POUR LES EGLISES!
PAS DE RECOUVREMENT DE COTISATIONS DE MEMBRES D’EGLISE PAR L’ETAT!

Celui qui hait l’injustice et ne veut pas être assujetti trouvera le chemin qui mène à nous.



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