22-03-2008
Discours de la représentante de l'Union contre le Conformisme
lors du COLLOQUE INTERNATIONAL "1848-2006" le 23 mars 2008 à Paris
Peter Priskil
"Le pape à la lanterne" – Jacques-René Hébert et son Journal
'Le Père Duchesne'
Mesdames et messieurs, chers amis de la Libre Pensée,
"Le pape à la lanterne" – cela s'entend comme un outrage, une invitation à la violence ou – pour utiliser un mot actuel – au terrorisme, cela s'entend aussi comme un écart anarchiste. Mais cette phrase était néanmoins réalité, pendant le comble dénié de la première révolution française, la Grande Révolution de 1789. Je possède une gravure contemporaine qui montre une scène révélatrice: Des révolutionnaires brûlent publiquement un mannequin du pape le 6 avril 1791 non loin du lieu de ce congrès, près du Palais Royal. La phrase "Le pape à la lanterne" était alors une demande révolutionnaire, qui était prise au sérieux par les contemporains et qui est étroitement liée avec le nom de Jacques-René Hébert et son journal, 'Le Père Duchesne', qui se trouvent au centre de mon récit.
Deux tiers des Allemands ne savent pas, quels événements se cachent derrière l'année 1789. La réponse correcte serait: la prise de la Bastille, la marche à Versailles, la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Cette ignorance est un fait triste. Mais j'en suis sûr: 90% des Français ne savent pas qui était Jacques-René Hébert et ne connaissent pas son journal 'Le Père Duchesne'. Quand je cherchais pendant mes recherches la maison de naissance de Jacques-René Hébert à Alençon, une jolie et petite ville, j'ai demandé plusieurs passants, mais personne n'avait la moindre idée de ce lieu. Finalement, après une heure peut-être, j'ai rencontré une vieille dame, qui se souvenait faiblement et disait: "Ah! Hébert, le Père Duchesne! Il était protestant, n'est-ce pas?" Cette dame était aimable, elle connaissait la place, mais sa réponse n'était pas correcte: Hébert était catholique par naissance, mais en premier lieu il était un des révolutionnaires les plus importants ensemble avec Jean Paul Marat, et quand Marat était assassiné, Hébert devenait le successeur de "l'ami du peuple". Cette anecdote était une petite aventure.
Mais il était une grande aventure d'obtenir les écrits de Jacques-René Hébert. Je savais qu'il existait une édition, une reproduction de tous les numéros du 'Père Duchesne' publiée par l'historien Albert Soboul en l'an 1967, mais ce tirage de seulement 230 exemplaires était épuisé depuis longtemps. Alors, je devais attendre et continuer mes recherches. Après quatre ou cinq années j'ai appris par hasard qu'un des premiers propriétaires de cette édition était mort et qu'il était possible de l'acheter. Je suis allé tout de suite à Paris, Rue de Valois, où se trouvait la librairie EDHIS (Edition d'Histoire sociale), et j'ai acheté cette rareté pour 6000 Francs, une somme considérable. D'ailleurs, cette librairie n'existe plus aujourd'hui, et je pense que c'est un petit signe de l'uniformisation générale de la société et de la pensée. Celui qui ne connaît pas son histoire, est condamné à être servant. – Ensuite j'ai traduit 50 numéros du 'Père Duchesne' qui traitent du rôle de l'église pendant la révolution, et j'ai ajouté des explications historiques à chaque chapitre1).
Je ne veux pas répéter des faits et des détails qui sont connus en ce cercle. Vous avez des grands historiens comme Jules Michelet qui avait laissé une œuvre monumentale; en outre il y a deux monographies sur Jacques-René Hébert en lange française, écrites par Gérard Walter (1946) et Louis Jacob (1960). Au lieu de cela je veux donner une idée de la force, de la fermeté, de l'audace de cette époque qui est incarnée dans la personne de Jacques-René Hébert.
Alors, qui était cet homme? Plusieurs réponses sont possibles.
Premièrement, il était un des rares révolutionnaires, peut-être le seul, qui combattait dès le premier moment l'église, l'ennemi le plus résolu, le plus dangereux de la révolution. N'oublions pas: L'église a commencé la guerre civile par le refus de leurs prêtres de prêter le serment à la constitution démocratique, et c'était le fanal d'une guerre très dure et très cruelle. Hébert a perçu dès le début l'église comme ennemi mortel de toute autodétermination politique et individuelle; le premier numéro de son journal portait le titre "A bas les cloches, ou grande découverte du Père Duchesne pour faire de la monnoie & des canons". – A bas les cloches – elles tintent et énervent jusqu'aujourd'hui!
Deuxièmement, Hébert était le chef des Sansculottes. Mais qui étaient les Sansculottes? Ils étaient l'échine, le moteur de la révolution, des pauvres artisans (le soi-disant quatrième état), qui possédaient une boutique et des outils et habitaient les faubourgs St. Antoine et St. Marcel. Comme Pierre Kropotkin a montré dans son livre fameux, chaque progrès de la révolution était le résultat immédiat des combats des Sansculottes. Ils ont poussé en avant la bourgeoisie, contre les forces féodales, – ça veut dire contre la monarchie, l'aristocratie et l'église, et ils combattaient la bourgeoisie riche, les banquiers, commerçants et usuriers, qui voulaient conserver leurs privilèges politiques et économiques et avaient l'intention d'installer une monarchie constitutionnelle (la soi-disant Gironde). La révolution française était, comme Kropotkin a prouvé, une lutte des classes à plusieurs niveaux. On peut former la formule: La France démocratique combattait l'Europe monarchique, et le Paris révolutionnaire combattait le reste de la France, une alliance de la féodalité et de la grande bourgeoisie, qui s'enfuyait face à la radicalisation des masses dans l'embrassement de l'aristocratie et de l'église. Hébert a mené, ensemble avec Pierre Gaspard Chaumette, la Commune insurrectionnelle de Paris, fondée en 1792, qui organisait et coordonnait toutes les activités des 48 sections de Paris; cette Commune était l'instrument, le glaive de la révolution. Hébert a donné les mots-vedettes décisifs pendant toute la révolution, dans les situations turbulentes, quand le destin de la révolution ne tenait qu'à un fil, il a averti et agité sans se lasser, 385 fois, deux fois par semaine.
On a souvent reproché à Jacques-René Hébert qu'il n'aurait aucun programme politique et social, mais ce n'est pas vrai. Il avait un programme: le programme des Sansculottes, ce qui s'ensuit d'un petit chant de ce temps. Une strophe dit:
Il faut grandir les petits
et raccourcir les grands 2).
Tous à la même hauteur,
c'est le vrai bonheur.
C'est le but d'une société des égaux, ou en autres mots: c'est Rousseau réalisé par les Sansculottes, la démocratie des petits producteurs, des artisans et des paysans. Ce n'est pas encore communisme, mais le premier degré.
Troisièmement, et c'est le mérite le plus important de Hébert: Il a traduit en acte les enseignements de la soi-disant "philosophie des lumières" – je n'aime pas le mot nébuleux "philosophie" –, il a instruit, enseigné le peuple par le langage du peuple, un langage clair, évident, plein d'esprit, mêlé avec des jurons blasphématoires et – pourquoi pas – des obscénités. Hébert n'était pas un buveur de sang, comme on a si souvent prétendu: il était le disciple de Voltaire. Je veux illustrer ce fait supprimé par un exemple: la tolérance, le but suprême de Voltaire, qui était pratiqué par Hébert.
Aujourd'hui, il y a une compréhension corrompue de la tolérance, en ce sens, qu'on doit comprendre, n'importe comment, toute chose. Mais ce n'est pas tolérance, c'est une sottise. La définition correcte de la tolérance veut dire: On admet des pensées à la discussion, quoiqu'on désapprouve ces idées. Tolérer malgré désapprobation – c'est le contenu essentiel du principe de Voltaire, qui poursuivait un but pratique, nullement idéal: car c'est le seul moyen de trouver la vérité. Ce principe a été fixé dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, Article 10: "Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses" – le mot "même" est important, parce qu'il signifie: Il est défendu de persécuter, de torturer, de brûler les critiques de la religion et de l'église, les hérétiques. Avec la domination de la loi, de la constitution démocratique, le moyen âge était terminé.
Hébert a agi sur la base de cette constitution, il a réalisé ce principe de tolérance, parce qu'il a défendu les sectes de son temps, les Juifs et les Protestants, sans être juif ou protestant. Je veux souligner le fait que la persécution des Juifs et des Protestants pendant le moyen âge n'était pas abominable et méprisable parce que les victimes étaient Juifs et Protestants, mais parce que ces victimes étaient innocentes – innocentes comme aujourd'hui les minorités religieuses, les soi-disant sectes, qui sont persécutés par les églises chrétiennes et les gouvernements européens.
Mais écoutons maintenant Hébert, qui expose dans un des premiers numéros de son journal sur l'émancipation des juifs:
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....rappelez-vous, mes chers concitoyens, les grandes motions pour accorder aux Juifs les droits de citoyens. Je veux bien qu'il y ait parmi eux des jean-foutres qui rognent nos écus, mais peut-être en se voyant bien traités deviendront-ils honnêtes gens? à force de vivre avec nous comme frères, ils se civiliseront; ils seront d'autres nous mêmes...
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Les Juifs du moyen âge étaient forcés de se restreindre aux opérations financières, parce que les profiteurs du féodalisme, l'aristocratie et l'église, dépendaient d'un bouc émissaire, qui attirait la haine du peuple. Mais cette manœuvre de diversion ne fonctionnait plus avec l'émancipation des Juifs, comme Hébert montre:
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O ingratitude des hommes! ou plutôt, ô reconnoissance due aux Juifs, qui à force d'usurer avec nos ci-devant prélats, ont introduits dans le sanctuaire tous ces vices qui nous ont fait ouvrir les yeux, nous ont armé de courage pour chasser de la bergerie les loups qui se couvroient de la laine des vraies brébis. […] c'est bien là l'optimisme du grand Voltaire.
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Ecoutons une deuxième fois Hébert sur les Protestants; tout d'abord il réfléchit sur la cloche qui donnait le signal pour la nuit de Saint-Barthélemy:
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J'ai encore dans ma tête une bougre de cloche qui me fait mal au cœur toutes les fois que je passe devant le Palais, j'ai beau détourner les yeux, mes oreilles se trouvent frappés d'un timbre aigu que je ne puis oublier. […] De quel carnage affreux n'a t-elle pas donné le signal? ah! bougres, quand j'y pense, je suis tenté de l'aller décrocher moi-même, & de l'aller briser aux pieds de ce louvre d'où le cruel Charles IX tiroit sur ses infortunés sujets. Mais ne n'ouvrons pas des plaies qui saignent encore, & consolons-nous par la pensée que nos frères, les protestants, vont revenir au milieu de nous. […] Je voudrois bien savoir le jour que nous pourrions voir arriver nos braves amis. Oh! comme nous irions au-devant d'eux avec nos bonnes réjouies de la halle! comme nous les embrasserions! quelle ribolte nous ferions! [Père Duchesne, n° XIV, 1790]
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Ensuite Hébert propose d'ériger des monuments des martyres huguenots et d'y conduire les enfants des Catholiques, des Protestants et des Juifs. Un programme excellent: L'instruction du peuple, spécialement de la jeunesse, en sens strict de Voltaire.
Et maintenant – imaginez-vous: les mêmes mots, les mêmes phrases, le même esprit, la même contenance, aujourd'hui, envers les soi-disant sectes, les Scientologues, les Raëliens, les Témoins de Jéhovah! Je sais bien que cela fait peur, parce que le pouvoir est provoqué et l'église est fâchée. Mais la peur n'est pas un argument. On peut aussi craindre un tas de merde, parce qu'il est infectieux, mais on ne doit pas le respecter. C'est la même chose avec la religion: Elle est une maladie mentale dangereuse: ses messages principaux n'étant pas vrais, elle dépend de la violence, et à cause de cela – c'est la seule raison – elle persécute ses critiques et ses concurrents religieux, qui sont plus faibles. Les forces démocratiques, les forces athées ont le devoir d'intervenir dans ce conflit et de défendre les attaqués. Je sais bien qu'il y a des gens qui disent: "Je suis si érudit, si intelligent, si éclairé, je ne crois ni à Jéhovah ni aux êtres extra-terrestres, et à cause de cela je ne peux pas, je ne veux pas défendre les sectes, les Scientologues et les Raëliens-là, jamais, jamais, jamais dans ma vie, parce que je suis trop éclairé, définitivement: NON!!" – Cette attitude est tout le contraire du message de "l'homme au Calas", c'est tout le contraire des conséquences qu'a tirées Jacques-René Hébert de la "Aufklärung". C'est la corruption de l'idée de la tolérance. Souvenons-nous qu'un autre révolutionnaire, Lénine, a dit: "Il faut défendre les sectes contre le tzar."
Une dernière pensée. La déchristianisation des années 1793/1794 qui marque le comble dénié de la révolution et était organisée par les Sansculottes avec Hébert comme leur guide, est parfaitement compatible avec l'idée de la tolérance, elle est la continuation conséquente de cette idée. L'église a régné pendant mille années et a accumulé des privilèges immenses par la violence et son monopole d'endoctrinement. Avec la révolution le moment était venu, où elle devait se taire: Les églises ont été fermées, les cathédrales ont été transformées aux "temples de la raison", les processions, les cultes et les symboles chrétiens étaient interdits au public, l'archevêque de Paris était forcé de se retirer. Pour la première fois dans l'histoire mondiale – excepté le mouvement presque inconnu des Qarmates, qui ont établi un état athée pendant le moyen âge arabique – la religion est devenue une chose privée. Ecoutons Jacques-René Hébert dans le numéro 301 de son 'Père Duchesne':
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Par la vertu de sainte-guillotine, nous voilà délivrés de la royauté; à ton tour bougre de calotte. N'étoit-il bien foutant de voir, depuis tant de siècles, deux animaux voraces, le roi et le prêtre, se disputer le droit de dépouiller, d'opprimer, de dévorer les hommes, comme deux loups les entrailles de la malheureuse brébis qui tombe sous leurs griffes? Quel pacte infâme que celui du trône et de l'autel? […] c'est-à-dire, en bon français, toi, roi, qui a la force en main; qui, d'un seul mot, peux faire égorger des milliers d'hommes; qui peux lâcher de nombreuses armées, pour dévorer le peuple, comme tes chiens le cerf et la biche des bois; sire, prête-moi ton appui; fais dresser des échaffauds; allume des bûchers, pour faire respecter mon culte; tue, égorge, massacre quiconque ne voudra pas croire que un et deux ne font qu'un, et que le dieu de l'univers, qui a tout créé, qui gouverne tout, n'obéit pas à ma voix.
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Un passage très impressionnant suit, qui illustre le lien étroit entre la déchristianisation et la tolérance:
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Un luron qui avoit bec et ongle, et qui avoit plus d'esprit dans son cerveau que tous les cuistres de l'église, un certain Voltaire arriva, le fouet à la main, pour dauber tous les imposteurs qui avoient fondé leur cuisine sur la bêtise du genre-humain; il prouva que l'enfer et le purgatoire étoient des contes à dormir debout, et avoient été imaginés par les prêtres pour faire peur aux vieilles femmes. Un autre Sans-Culotte de Genêve, nommé Jean-Jacques Rousseau, le plus franc et le meilleur des humains, parut en même tems pour combattre le mensonge et la tyrannie; il prouva que la véritable religion est la probité et le patriotisme; il prononça le mot sacré de liberté, et à sa voix, tous les bons Sans-Culottes se prosternèrent devant cette nouvelle idôle. Quand la poire est mûre, il faut qu'elle tombe. L'infâme Capet qui croyoit encore être au tems de l'évêque Remi, continua de fouler le peuple et de l'écraser. Le sac étoit plein, et il crêva. Le peuple se rebiffa, et Capet a fini comme tous les tyrans doivent finir.
Les nobles, les robins, les rois sont foutus sans retour, il faut à votre tour sauter le pas, prêtres menteurs, prêtres avides, prêtres sacrilèges. Tonnère de dieu, quel branle on vous donne dans les départemens. […] Sans-Culottes de tous les départemens, envoyez tous les prêtres au Misissipi, et faites des écus avec les magots d'argent que vos nourrices vous ont appris à nommer des saints, foutre.
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C'est le langage, c'est la contenance qu'il faut revivre aujourd'hui.
La déchristianisation était le moment précis où intervenait Robespierre. Tandis que les Sansculottes célébraient le "culte de la raison", Robespierre introduisait le "culte de "l'Etre suprême". Mais "l'Etre suprême" est seulement un autre nom pour le dieu chrétien. Robespierre a introduit le dieu chrétien par la porte de derrière, d'une manière cachée et menteuse; il a exécuté Hébert et décapité les Sansculottes, et cela était l'ouverture de la contre-révolution. A cet égard, Robespierre est comparable à Staline, qui a égorgé la Révolution russe et massacré les bolchevistes.
Maintenant, après l'écroulement de l'Union soviétique et l'échec mondial du communisme, l'humanité doit commencer toutes aux origines, ça veut dire chez Voltaire, chez Hébert, chez l'idée de la tolérance. Sans la tolérance, la première condition primordiale de tout progrès, toutes les autres choses seraient, pour le dire avec le 'Père Duchesne', foutues.
Annexe
Prof. Michel Vovelle, qui présidait la séance du 22. mars 2008, a fait quelques remarques critiques sur ce rapport. Se référant à Jean Paul Rabant Saint-Etienne, il différenciait une forme souhaitable d'une forme condamnable de la tolérance; la dernière serait – si je l'ai compris correctement – "la tolérance octroyée", qu'il faut "supprimer". Etrange distinction! Parce que l'église ne renonce pas volontairement à ses privilèges et à son "droit" de brûler les hérétiques, il faut la forcer – si ceci est la "tolérance octroyée", c'est une chose très nécessaire et très utile. – D'ailleurs il faut savoir de quel période on parle. Pour Rabant Saint-Etiennne, qui était membre de la Gironde et de là monarchiste constitutionnel, la révolution était terminée en l'an 1791. Il était d'accord avec un roi saint et inviolable, qui était commandant en chef de l'armée française, qui régnait indépendamment de l'Assemblée nationale et qui pouvait bloquer avec son "droit de veto" toute initiative parlementaire. Au moment où les Sansculottes entraient en scène, Rabant Saint-Etienne est devenu contre-révolutionnaire; il mobilisait le département Gard contre Paris et était décapité comme traître à son pays, ce qu'il était effectivement. C'est donc un garant étrange de la tolérance; au lieu de cela il fait bien de se tenir à l'original, ça veut dire Voltaire.
Avis:
L'édition française de l'ouvrage sur Jacques-René Hébert est offerte en souscription. Si plus de 500 personnes souscrivent chez les Editions AHRIMAN, le livre sera traduit et envoyé aux souscripteurs.
Adressez-vous par email à:
ahriman@t-online.de
ou par voie postale à:
AHRIMAN-Verlag GmbH
Postfach 6569
D -79041 Freiburg
1) Peter Priskil: Jacques-René Hébert. "Den Papst an die Laterne, die Pfaffen in die Klapse!" Schriften zu Kirche und Religion, 1790-1794. Freiburg (Allemagne) 2003, Edition Ahriman.
2) Le mot "raccourcir" signifie chez Hébert souvent "décapiter".
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