Bund gegen Anpassung
L`Union contre le Conformisme

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23-03-2008

Discours de la représentante de l'Union contre le Conformisme lors du COLLOQUE INTERNATIONAL "1848-2006" le 23 mars 2008 à Paris

D'Adolf Hitler à Konrad Adenauer

C'était au 27.11.1926 que la première du Mandarin merveilleux, œuvre du compositeur hongrois Bela Bartok, eut lieu à Cologne. Bela Bartok avait déjà entrepris en 1919 la mise en musique de ce sujet, tandis que la mise au point de l'orchestration prit son temps. En effet, après la défaite de la République hongroise des conseils, dans l'ambiance libre de laquelle cette œuvre était née et dont l'esprit la portait, il avait perdu l'espoir que son travail échappe à la censure fasciste.
     Par contre la production se réalisa à Cologne. Là aussi le thème orchestral dansé toucha le public présent. Mais, surtout, il fut immédiatement interdit. Le maire qui énonça cette interdiction et joua ainsi le rôle d'un Horthy à rallonge sur le sol libre de la République de Weimar s'appelait: Konrad Adenauer.

Qui était donc cet Adenauer dont la similitude avec les nazis, pour ce qui est de son opposition à tout ce qui respire l'esprit et la liberté, le prédestinait manifestement aux yeux des Américains à prendre le rôle dirigeant du nouvel état vassal ?

Adenauer était ce qu'on appellerait certainement aujourd'hui un carriériste. " Je suis membre de la plus ancienne organisation sur place, là où on est le mieux servi " : cette citation exprime – on ne peut mieux – son pragmatisme opportuniste au service du Pape. Il n'aurait jamais ouvertement misé sur la carte nazie : car, ce que cette entreprise avait d'aventureux lui aurait paru trop risqué.
     Mais surtout, outre son anticipation précipitée de Hitler quant à la censure du Mandarin merveilleux, Adenauer présentait encore un autre point de convergence, commun aux Nazis et aux Américains : sa haine envers le communisme était authentique et sans limites.

Ainsi, les Américains, qui lors de la libération du camp de concentration de Buchenwald avaient pris tout leur temps, si bien que les derniers survivants avaient été forcés à une marche de la mort et que le nombre des victimes s'était accru de 8000, avaient trouvé leur candidat idéal. Pour les Américains se posait alors la question de savoir comment développer la tête de pont nouvellement gagnée au centre de l'Europe, exactement comme aujourd'hui en Irak. Encore que la situation à l'époque fût rendue plus difficile du fait que l'Union soviétique, pauvre et de plus saignée à blanc maintenant, représentait une force souveraine et concurrente qui en faisait un rempart pour l'antifascisme : l'héritage de Lénine et de Trotski ne se laissait pas si vite effacer.
     Il n'aurait pas été possible d'installer sous cette forme un fascisme seulement dépouillé de l'antisémitisme et de l'impérialisme, comme ce fut le cas plus tard en Amérique du sud. Cela aurait immanquablement provoqué, dans leur Etat vassal et dans les pays européens voisins, l'opposition du mouvement ouvrier, quoique très affaibli, et aussi celle du camp de la bourgeoisie libérale qui s'appuyait sur lui. Mais aussi l'opposition, quoique sous d'autres auspices, du groupe conservateur et réactionnaire qui était uni par le patriotisme national – une idéologie ne s'enlève pas aussi facilement qu'un costume de SS. Cela aurait aussi provoqué une dérive en direction de l'Union soviétique.
     D'ailleurs, de son temps, Hitler aurait eu aussi peu la possibilité de se présenter avec un programme ouvertement clérical que après la guerre les Américains avec un programme ouvertement fasciste, et c'est pourquoi il s'en abstint autant que possible. A cette époque-là, à la différence d'aujourd'hui en tout cas, on ne serait pas parti en guerre comme autrefois pour le Pape ou comme aujourd'hui pour un maître étranger, que ce soit l'ISAF (International Security Assistance Force, force d'intervention de l'OTAN) , l'UNMIK (United Nation Mission In Kosovo) ou autre.

Et ainsi les Américains se sont assurés leur tête de pont non uniquement avec l'aide de l'appareil nazi récemment soumis, mais aussi et surtout avec l'aide de cet organisme qui s'était déjà proposé à Hitler comme allié, à savoir l'église catholique. C'est pourquoi le gouvernement nouvellement installé était à situer à droite d'Hitler.

Le consensus minimum commun sur lequel les trois instances – le maître, son nouveau valet et l'église en partenaire, était l'anticommunisme, contre le parti communiste à l'intérieur et contre l'Union soviétique à l'extérieur. Toutefois le rapport de forces s'était déplacé. L'appareil d'Etat de l'hitlérisme ne pouvait plus travailler pour son compte mais devait être tenu en laisse longue. Pour qu'il accepte de le faire – car on ne passe pas si vite ni en souplesse du statut de chef à celui de valet –, on lui a proposé le Christianisme comme idéologie, idéologie bien connue, à la fois vieille et nouvelle. De cette façon avec l'aide de l'Eglise catholique on a aussi fabriqué le parti politique, qui pouvait accueillir presque la totalité du personnel d'Etat hitlérien: L'Union chrétienne démocrate avec Adenauer à sa tête et avec Hans Maria Globke comme chef de cabinet jusqu'en 1963, l'homme qui avait participé à l'élaboration des lois de Nuremberg.

Alors, il est évident qu'anticommunisme et antifascisme s'excluent l'un l'autre, puisque les fascistes sont toujours portés au pouvoir pour lutter contre le communisme organisé, comme Hitler l'avait été contre le Parti communiste allemand.
     C'est pourquoi on interdit durant l'été 1945 les comités antifascistes qui s'étaient spontanément formés et qui étaient composés en majorité de communistes, de sociaux-démocrates et de syndicalistes, des opposants principaux et des victimes de Hitler.

Cette prise de position résolument pro nazie se traduisit structurellement par l'interdiction des premières organisations composées d'opposants à Hitler et par la fondation de partis autorisés par les Américains. Pour que cela ne fasse pas trop mauvais effet – on voulait en effet réunir les nouveaux vassaux à leur maître par la formule " freedom and democracy " – il y eut le procès à Nuremberg et quelques procès suivants contre les hauts responsables et les profiteurs de guerre industriels. On les envoya pour la plupart en prison avec de longues peines et en même temps on posait des rails pour qu'ils redeviennent en peu de temps après à nouveau les porteurs du pouvoir d'état.

Le double-fond de cette stratégie appelée " Freedom and democracy " réside dans le fait que les nouveaux maîtres qui avaient porté au pouvoir les anciens membres du parti nazie sous l'étiquette de son plus puissant partenaire, à savoir l'église catholique, ont pu faire passer cette formation pour libre et démocratique. Hitler n'y serait pas arrivé et, en ce sens, l'Etat qui dans la partie occidentale de l'Allemagne se reconnaissait officiellement pour son successeur légitime était pire que son prédécesseur : celui-ci en effet devait compter avec une opposition intérieure et aussi avec sa proximité avec l'état de droit prussien à la Bismarck et avec la République de Weimar qui était plus libre.

A quoi ressemblait maintenant, regardé de plus près, cette formation agissant " au nom de freedom and democracy ", ouvertement cléricale, fascisante sans le montrer, et qui était tenue en laisse longue par l'Amérique au milieu de l'Europe ?

En janvier 1949 déjà, les premiers communistes qui avaient survécu aux camps de concentration hitlériens disparurent dans les prisons d'Adenauer.
     En septembre 1950, le gouvernement Adenauer adopta une directive concernant l'emploi des membres du service public. Cette directive, suivant directement l'exemple de la loi hitlérien de 1933 excluant les fonctionnaires juifs et communistes du service public, excluait de nouveau du service public les membres du parti communiste mais aussi ceux qui appartenaient à l'Union des victimes du régime nazi.
     En février 1951 suivit un autre décret menaçant de priver de contrats publics les entreprises insérant de la publicité dans les journaux communistes. Ce décret était dirigé contre les entreprises produisant du béton, de l'acier ou travaillant dans le bâtiment, qui s'intéressaient au marché de l'Est et avaient mis beaucoup d'annonces dans la presse communiste. Vint ensuite en 1951 l'interdiction de l'Organisation de la jeunesse, puis en août 1956 l'interdiction du Parti communiste allemand.

Entre 1951 et 1961 il y eut 200 000 informations judiciaires pour motif politique. Les poursuites policières étaient surtout dirigées contre les personnes qui, sous le mot d'ordre " Jamais plus le fascisme, jamais plus la guerre ! ", essayaient de créer une majorité contre la remilitarisation prévue.

La réforme du droit pénal de 1951, votée avec les voix du Parti social-démocrate, constitua le fondement de la justice politique contre les anciens opposants à Hitler. Cette réforme complétait une loi datant de Hitler et qui établissait un délit de trahison nationale et haute trahison par un délit nouveau de mise en danger de l'état (§90StGb).
     Selon ces auteurs, – je cite –" l'Etat, pour sa protection, ne peut se limiter à la définition classique et en partie dépassée, – à savoir hitlérien – de la haute trahison. Il lui faut de nouvelles mesures de protection qui fassent avancer sa ligne de défense jusqu'à la zone dans laquelle les ennemis de l'Etat, sous le masque de la non-violence et ainsi, d'une certaine manière, sous la protection de la loi de haute trahison telle qu'elle est définie, cherchent à prendre le pouvoir. "

Voilà c'est-ce qu'on appelait : Freedom and democracy !
Et cette répression politique impitoyable allait du pas avec une répression non moins impitoyable, mais encore plus inconnues et volontairement niées aujourd'hui.

Il y eut l'article sur le proxénétisme qui punissait de prison les parents, la famille ou le propriétaire qui mettait ses locaux à la disposition de couples non mariés. En 1962 encore, le journaliste S. Sommer fut condamné pour proxénétisme parce qu'il avait laissé son appartement à un couple non marié. Le paragraphe sur le proxénétisme ne fut supprimé qu'en 1969.

L'avortement resta un délit dans les conditions pénales (§218 et §219). La seule exception prévue par la loi des années cinquante était si la femme enceinte portait des risques graves et durables pour sa santé. Même dans ce cas-là le médecin qui avortait était puni, si les risques supposés pour la santé de la femme étaient basés sur une supposition erronée. Dans tous les autres cas soit que la grossesse était la conséquence d'un viol ou soit que le fétus était déformé pour des raisons génétiques ou autres l'avortement resta un délit punissable.

L'article 175 du Code pénal punissant l'homosexualité fut repris en 1949 sous la forme aggravée, telle quelle avait pris par Hitler en 1943. Il resta lui aussi en vigueur sous cette forme jusqu'en 1969.

En outre, la publicité de produits servant à la contraception était interdite, et l'on ne pouvait les proposer à la vente dans les endroits publics ni dans des distributeurs automatiques.
Les écrits dit " dangereux pour la jeunesse " ne pouvaient être proposés en public ni remis aux jeunes de moins de 18 ans, selon la loi de protection de la jeunesse. La représentation des corps nus tombait sous cette loi jusqu'au 1971, si bien qu'au début des années 50, lorsque Hildegard Knef apparut quelques secondes nue dans le film " La pécheresse ", il y eut des voix pour demander une censure cinématographique.

C'est ainsi qu'au nom de " freedom and democracy " on a créé les bases d'un climat lugubre, marqué de cléricalisme, ramenant loin en arrière de la libre République de Weimar. Structurellement ce climat ressemblait à la réintroduction de la Charia en Irak actuellement par les laquais du gouvernement, qui sont tout autant religieux, sauf qu'il s'agit de chiites au lieu de catholiques. L'Irak avait comme on sait aboli l'Islam comme religion d'Etat en 1959 et ainsi le droit islamique et toutes ses horreurs.

Il y a encore une autre époque et un autre endroit où la liberté jadis conquise devait connaître une limitation fondamentale. A cette époque-là c'était le devoir honteux de l'armée française d'avoir tenu au vivant le Moyen Age. Puccini nous commémore ces faits dans son opéra Tosca. En effet c'était les troupes napoléoniennes qui donnent le coup mortel à la République romaine, faible mais cependant d'abord victorieuse contre le Pape, de même les Américains donnent le coup mortel au standard relativement laïque de la République de Weimar.

Mais, pour revenir à notre sujet, les cadres du pape ne font jamais leur travail à un prix bon marché, malheureusement très souvent à la différence de leurs opposés, ils se font gratifier par des immenses fonds pécuniaires.
     Cet immense fleuve d'argent leur est accordé à la base du principe de la subsidiarité. Selon ce principe l'Etat avait seulement le droit de remplir ses obligations sociales, à savoir de fonder un hôpital ou un jardin d'enfant dans le cas ou une unité plus petite, concurrente mais plus proche à ce devoir (quoi que cela veuille dire), renonça de le faire. Cette renonciation demandée ne se déroula bien entendu, jamais, parce que ces unités plus petites, á savoir personne autre que l'Eglise sous milles formes d'organisation plus ou moins déguisés, était remboursé pour presque la totalité des ses frais. Car, selon la loi de subsidiarité les Églises sont libérées de 90 pour cent de la totalité des frais de leurs institutions publiques aux dépens du contribuable normal.
     C'était de nouveau Adenauer qui faisait ce cadeau supplémentaire aux Eglises. C'était la raison pour laquelle en Allemagne un si grand nombre des hôpitaux, des jardins d'enfants ou des maisons de retraites étaient soumis sous le contrôle de l'Eglise.

En plus, comme vous le saviez tous, Le Concordat de 1933 fut entièrement repris dans sa forme hitlérienne, et avec lui, l'impôt de l'Eglise. La somme annuelle de cet impôt encaissé par leurs membres s'élève à 8 000 millions d'euros.
     C'était de nouveau Adenauer qui faisait ce cadeau aux Eglises.

A ce point là il est temps de faire une petite césure. J'espère, que j'ai réussi de vous donner, dans les limites de temps prévu, une idée compréhensible de ce qu'était l'Etat successeur d'Hitler gouverné par un parti ouvertement clérical et clandestinement fascisant, tenue en laisse longue par les Américains.

Mais il ne faut pas non plus oublier que c'était le parti de Willy Brandt, c'est-à-dire le parti social-démocrate allemand, qui très au contraire de ce qu'il avait promis auparavant, s'abstenait ensuite d'abolir la loi de subsidiarité en 1969 quand il accède au pouvoir gouvernemental.
     Au lieu de tenir, ce qu'ils ont promis, l'abolition de la loi de subsidiarité, ils ont utilisé la retenue de l'impôt d'Eglise comme tremplin pour mettre encore la main sur l'argent des personnes non affiliées à une église, ce qui eut lieu dans le cas du Dr. Nittmann et de milliers de chômeurs sans confession en Allemagne.

Après tout ce que nous venons d'apprendre sur Adenauer et ses successeurs toujours tenus en laisse longue, nous pouvons constater actuellement le suivant :

Ce n'est pas par hasard que l'Article 52 de la Constitution européenne était élaborée au même endroit qu'autrefois le concordat hitlérien – à Berlin.

Ce n'est pas par hasard que le nouveau traité qui introduit par la porte de derrière la Constitution européenne rejetée, grâce au vote du non du peuple français, est mis sous la rédaction du gouvernement allemand.
     Ce n'est pas par hasard que le principe de la subsidiarité est considéré comme le principe le plus fondamental de la nouvelle Constitution européenne avec toutes les conséquences que nous venons d'apprendre.
     Et ce n'est pas par hasard que la ratification du traité de Lisbonne constitue également un acte de mépris et d'annulation de la volonté du peuple français exprimé par le référendum.

Et ce n'est pas par hasard que le vol systématique des milliards d'euros sous forme de l'impôt commis contre les citoyens non affiliés aux Eglises est pratiqué dans les pays qui sont des Etats successeurs des régimes fascistes, á savoir l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne. Par l'intermédiaire du traité de Lisbonne qui remplace la Constitution européenne, alors devrait disparaître aussi en Europe la différence entre les pays historiquement cléricaux-fascistes et les pays historiquement laïques-antifascistes.

Ainsi s'imposerait comme norme européenne, en première étape, sous une forme encore plus aiguë que sous Hitler, l'impôt religieux régulièrement payé, par tous les citoyens, qu'ils soient membres ou non d'une communauté religieuse, et, comme autre exemple de cette vision d'un Adenauer pour toute l'Europe, la croix omniprésente, pour en commencer, dans les salles d'audience des tribunaux.

Qu'est-ce que nous pouvons faire ? Comme nous ne pouvons pas bloquer le traité de Lisbonne imposé par un système prétendument démocratique, mais en réalité une sémi-dictature, nous pouvons soutenir au moins les démarches courageuses de ceux qui luttent contre cette recléricalisation européenne, à savoir le pourvoi du juge italien Tosti devant la Cour de cassation à Rome et la plainte du docteur Nittmann devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg. Une décision rétablissant la vigueur de la Constitution nationale respective sera dans ce sens un bâton dans les roues de cette recléricalisation accélérée qui roulent en Europe aujourd'hui dans la tradition clérico fasciste.

Merci pour votre attention.





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